Le droit à la déconnexion, débrancher pour mieux connecter

Temps de lecture : 6 minutes

Dans un monde numérique hyperconnecté, nombre de professionnels sont confrontés à la multiplication des emails, aux notifications incessantes et à la tentation de la connexion permanente. Heureusement, le concept de déconnexion offre le droit à la pause comme une bouffée d'air frais dans cet environnement pressurisé.

Le droit à la déconnexion est le droit pour un salarié de ne pas être joignable par son employeur en dehors de ses heures de travail, notamment via les outils numériques. Introduit en France par la loi El Khomri en 2017, il est devenu un enjeu majeur à l’ère du travail hybride et du télétravail.

Le cadre légal du droit à la déconnexion

L’article L. 2242-17 du Code du travail impose aux entreprises de plus de 50 salariés d’aborder le droit à la déconnexion dans le cadre de la négociation annuelle sur l’égalité professionnelle et la qualité de vie au travail.

En l’absence d’accord, l’employeur doit élaborer une charte après avis du CSE, qui définit les modalités d’exercice du droit à la déconnexion et prévoit des actions de formation et de sensibilisation.

En pratique, peu d’entreprises ont mis en place des mécanismes contraignants. Le droit à la déconnexion reste souvent une déclaration d’intention plutôt qu’une réalité opérationnelle.

Pourquoi le droit à la déconnexion est-il crucial ?

L’hyperconnectivité permanente a des conséquences bien documentées :

  • Elle est un facteur de risque psychosocial identifié par les instances de santé au travail. Voir notre article sur les 6 facteurs de risques psychosociaux
  • Elle contribue au burn out en empêchant la récupération nécessaire entre les périodes de travail
  • Elle brouille la frontière entre vie professionnelle et vie personnelle, source de tensions croissantes
  • Elle réduit la qualité du sommeil, de l’attention et de la créativité

Dans le contexte du télétravail, la frontière entre temps de travail et temps personnel devient encore plus poreuse, rendant le droit à la déconnexion d’autant plus nécessaire.

Les obstacles à la déconnexion

Plusieurs facteurs rendent difficile l’exercice effectif de ce droit :

  • La culture de la disponibilité : dans certaines organisations, être réactif en soirée ou le week-end est un signal de motivation valorisé
  • La peur du jugement : certains collaborateurs craignent d’être perçus comme moins engagés s’ils ne répondent pas hors des heures de bureau
  • La charge de travail excessive : quand le volume de travail dépasse le temps disponible, la connexion hors des heures devient une nécessité perçue. Voir notre article sur la prévention du surmenage
  • Les outils numériques : la facilité d’accès aux mails et messages professionnels depuis les appareils personnels efface la frontière
  • Le travail en équipes internationales : les décalages horaires créent des situations où la collaboration impose des horaires étendus

Comment mettre en place une vraie politique de déconnexion ?

Agir sur la culture manageuriale

Le changement doit venir d’en haut. Si les managers envoient des mails à 23h, les équipes comprennent implicitement qu’elles sont attendues à répondre. La déconnexion ne peut être effective que si elle est exemplaire au niveau du management.

Pour aller plus loin, voir notre article sur la surcharge de travail.

Définir des règles collectives

Plutôt que de laisser chacun gérer à sa façon, définir collectivement des plages horaires de disponibilité et de non-disponibilité. Ces règles doivent être partagées, comprises et respectées par tous.

Utiliser les fonctionnalités des outils

De nombreux outils (Outlook, Slack, Teams…) permettent de programmer les envois, de désactiver les notifications pendant certaines plages horaires, ou d’indiquer son statut. Former les collaborateurs à ces fonctionnalités est un levier concret.

Mesurer et ajuster

Interroger régulièrement les collaborateurs sur leurs pratiques et leur ressenti vis-à-vis de la connexion hors des heures. Inclure cet indicateur dans les enquêtes de bien-être.

Agir sur la charge de travail

La déconnexion n’est possible que si le volume de travail est compatible avec les horaires contractés. Si ce n’est pas le cas, la vraie solution est de traiter la surcharge, pas d’afficher une charte.

Ressources

Consultez nos guides pratiques sur le bien-être au travail ou contactez-nous pour être accompagné dans la mise en place d’une politique de déconnexion efficace.

Restez informés

Votre dose mensuelle d’idées pour transformer les pratiques managériales et booster l'engagement au travail.
Merci pour votre inscription !
L'inscription n'a pas fonctionné. Veuillez réessayer sur cette page

Prêt à transformer votre management ?

Contactez nos experts dès aujourd’hui pour discuter de vos enjeux spécifiques et définir ensemble la formation qui répondra exactement à vos besoins.

SoManyWays est un organisme de formation certifié

certification-qualiopilogo jeune entreprise innovante